Spectacles

Une petite flamme dans la nuit

Goldmund Théâtre de la Bouche d'Or - Eric de Dadelsen

Conte
Théâtre

à partir de 7 ans

« En ce temps-là, tous les enfants nés un lundi étaient maudits. Une loi l'avait ordonné : ceux qui venaient au monde le lundi, jour de la lune, cet astre changeant, devaient être mis à part. Ils travaillaient toute leur vie pour les autres qui naissaient les jours suivants. Et ils portaient un rat peint dans leur dos afin qu'on les reconnaisse de loin... »

Le spectacle...

Adapté de contes de François David, Une petite flamme dans la nuit se présente ici sous la forme d'un spectacle léger à regarder en rond. C'est un véritable parcours initiatique théâtral et interactif.

Tous les mots sont autant de paroles contre l'intolérance, la tyrannie, la barbarie : c'est une école de la démocratie ou bien un antidote contre l'oppression car chaque histoire, chaque poème exalte une action solidaire qui conduit à la libération.

Au centre, un jeu de l'oie géant. Un dé, également surdimensionné, permet d'avancer dans le déroulement du spectacle. Au détour de chaque case, une histoire, un poème, un refrain se cache.

Le spectacle se joue partout. Et chaque fois il se construit avec le public : c'est à la fois le public qui lance le dé, c'est le public qui choisit le chemin que prend l'histoire, mais c'est aussi lui qui, sollicité par l'acteur de ce drôle de parcours d'initiation, accompagne le spectacle de la voix, du souffle, des gestes comme le ferait un musicien ou un chœur antique.


Le roman...

"Comme Shéhérazade le fit pour le Sultan, Moune raconte toutes les nuits des histoires à la jeune Lila pour l'aider à trouver le sommeil. Moune et Lila sont enfermées dans un camp de concentration et les douze contes de Moune sont en fait des paraboles qui jouent le rôle d'antidote à l'intolérance, la tyrannie, la barbarie.

Dans chacun de ces contes, la solidarité encourage une action collective qui permet la libération des opprimés. Il y a Les rats : l'histoire des enfants qui naissent un lundi et sont mis au ban de la société; Le bout de chiffon, l'histoire de Jeannot à qui les hommes ont pris son chiffon rouge et qui cesse de rire ; Le livre et le fouet, l'histoire des enfants qui sont obligés de lire sans arrêt le livre du Suprême. La tension narrative est extrême du fait que les situations tragiques sont portées par une écriture brève et efficace, comme le veut le genre « nouvelle ». Si bien que le dénouement apporte un soulagement exacerbé par le dialogue entre Moune et Lila.

Les deux niveaux narratifs sont marqués par une typographie différente et chaque conte porte un titre. Le dialogue entre Moune et Lila, en caractères gras, est encadré et illustré en bas de page par des esquisses crayonnées du camp de concentration. Entre chaque conversation de la femme et de la petite fille, s'intercalent les contes, dont les titres sont repris dans la table des matières. " (Note du ministère de l'Education Nationale)


En effet, ces histoires ne sont pas des contes de fées ou des mièvreries pour petite fille bien sage. Au contraire, elles sont des « paroles contre l'intolérance », contre l'abus de pouvoir ou l'endoctrinement. Mais ces contes ne sont pas non plus noirs, au sens que chaque histoire est une ambiance particulière, parfois lointaine, et chaque dénouement est une lueur d'espoir, un appel contre la résignation, à la survie.

L'écriture de François David, limpide, précise, non seulement s'adresse avec pertinence aux plus jeunes, mais elle les touche, elle nous touche. Peut-être est-ce parce que, justement, il n'y a pas de moralisme étroit, ni de fioritures ornementales, encore moins de sensiblerie. C'est cette même sobriété dans l'imaginaire que l'on retrouve dans les illustrations de Henri Galeron.

En outre, les contes traversent toutes les cultures et ne s'enferment pas dans le cadre unique de leur époque : ils sont universels par leur diversité culturelle mais aussi par leur intemporalité et par voie de conséquence par la manière dont ils rencontrent les temps actuels et à n'en point douter ceux de demain.


« En ce temps-là, les enfants devaient apprendre par cœur le livre du Suprême. Le livre avait 200 000 pages répartis sur 400 volumes. Aussi, dès leur plus jeune âge, les enfants passaient-ils toutes leurs journées à travailler pour le connaître. Avant même qu'ils sachent lire, le maître au service du Suprême, leur faisant répéter et répéter des pages et des pages et des pages. »

 

« Paroles contre l'intolérance »...

Les contes du roman de François David interrogent directement l'intolérance, l'intégrisme, le racisme, toute forme de dogme porté à l'excès, en détournant, dans l'humour et une apparente naïveté du récit, les mécanismes d'oppression des autocraties. La petite flamme est une lueur de résistance des êtres aux dangers d'acceptation de l'innommable comme une fatalité.

C'est la deuxième fois, dans ma carrière, que je travaille sur l'oeuvre de François David. La première mise en scène que j'en ai faite - d'autres versions ont été montées après la nôtre - s'inscrivait directement dans le cadre du roman c'est-à-dire dans le décor fatal du camp de concentration. Aujourd'hui, j'aborde ces textes c'est-à-dire les contes qui figurent dans le roman dans une forme plus ludique. Peut-être est-ce parce que la « bête immonde » qui incarne les doctrines du nationalisme, du racisme, de l'intolérance avance vers nous, toujours avec les mêmes mensonges populistes mais comme « décomplexée » - « dé-diabolisée » presque normalisée dans le paysage, rieuse même.
Ce masque, s'il est moins hideux que les formes qu'il revêtait naguère, ne doit pas nous empêcher de voir la monstruosité qu'il dissimule et que nos enfants doivent connaître pour mieux les appréhender et ne pas se laisser berner à leur tour.

La proposition de cette forme légère en direction des plus jeunes s'inscrit dans un axe de travail plus large intitulé « Paroles contre l'intolérance ». Il s'agit d'une démarche d'association des publics au processus de création de Spirale, production théâtrale et chorégraphique (à partir de 13 ans), qui naîtra à l'automne 2013.

En effet, Spirale, adapté du roman de Anne Provoost, « le piège », met en scène l'écartèlement d'un adolescent esseulé aux prises avec son attachement des origines familiales qui le conduisent à des fréquentations et un activisme d'extrême droite, opposé à son amour pour une jeune danseuse, dont la mère est rescapée de la shoah. Cet antagonisme entre l'idéologie univoque d'exclusion de l'extrême droite et la création artistique contemporaine en questionnement sur les fractures du monde conduit au débat d'idées dans une mondialisation qui met en évidence les chocs culturels.

« Paroles contre l'intolérance » est un partage d'un temps et d'un espace dramaturgique sur une saison en amont de la création qui élargit le champ des publics : Une petite flamme dans la nuit pour les élèves du premier degré et début collège, des résidences de création et de débat dans les lycées, un axe d'éducation artistique en direction des ateliers de pratique artistique, une vaste opération de sensibilisation, de valorisation et de mise en réseau des jeunes adultes de 15 à 29 ans...

 

 

Tournées 2017 / 2018

Saint-Malo / 35
JMD Saint-Malo
Dimitri Baquet > Tel.: 02 99 81 62 61
15/12/2017 à Saint-Malo (10 h, 14 h)
16/12/2017 à Saint-Malo (16 h)

Soutiens et Coproduction
En partenariat avec la CDC de Ploërmel Goldmund Théâtre de la Bouche d'Or - compagnie théâtrale en convention avec la CDC de Ploërmel et la DRAC de Bretagne, et soutenue par le Conseil Régional de Bretagne et le Conseil Général du Morbihan.

Générique

D'après les contes tirés du roman de François David.Le roman « Une petite flamme dans la nuit » est édité chez Bayard Editions.

Animation-spectacle à partir de 7 ans

Adaptation et mise en scène
Eric de Dadelsen
Avec (en alternance)
Eric de Dadelsen et Frédéric Pichon
Assistanat
Frédéric Pichon
Scénographie
Guillaume Hess


Eric de Dadelsen - D.R.

Eric de Dadelsen - D.R.

Eric de Dadelsen - D.R.